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Simon Légaré

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Musique et mobilité

La conquête du monde de Spotify

J’ai assisté la semaine à plusieurs conférences au Rendez-vous Marketing Infopresse 2016 à Montréal. Étant un fervent amateur de musique et de technologies, la présentation de Jamie Herbert, directeur marketing de Spotify à Toronto, m’a particulièrement interpellée. L’adoption croissante de la plateforme de musique, tant à l’international, que plus près de nous au Québec, représente un vif succès. Au même titre que Netflix, qui est désormais un mot commun dans le jargon populaire, Spotify est extrêmement bien implantée et nourrit nos besoins musicaux efficacement, peut importe où nous sommes. La compagnie fondée à Londres en 2006 compte maintenant plus de 1500 employés, 75 millions d’utilisateurs, plus de 30 millions de chansons disponibles, et une disponibilité dans de plus en plus de pays.

Pour cette entreprise qui a le vent dans les voiles, le défi majeur est d’arriver à croître à l’international avec succès. Voici comment ils s’y sont pris.

Apprendre des autres

Première des choses, avant de se lancer à la conquête de la planète, il était primordial pour Spotify de regarder autour d’elle. Le but : déceler des exemples de compagnies vivant la même réalité de croissance qu’eux. Des références comme GoPro, Starbucks et Target ont représenté de belles pistes d’analyses. Je vous laisse deviner laquelle des trois a été un exemple de chemin à ne pas suivre Toutefois, pour GoPro et Starbucks, les initiatives liées à l’expansion internationale de la marque ont porté fruit. Il va sans dire qu’une bonne analyse avant de se lancer est primordiale avant toute décision.

Personnaliser pour se démarquer

Un des concepts ressortant dans ces autres compagnies est la personnalisation de l’offre, et ce peu importe le service/produit. Un des mots clés le plus entendus dans ma journée de conférence est bien le mot “personnalisation”! Toutes ces compagnies saisissent bien qu’à l’ère où une multitude de compétiteurs offre la même chose qu’eux, à des prix potentiellement plus bas, la personnalisation devient un enjeu majeur de différenciation. Par exemple, Starbuck a demandé aux Canadiens de voter pour le nom de son nouveau café et ce dernier a battu des records de ventes par la suite (“True North Blend”). Comme quoi la personnalisation amène son lot d’attachement et de sentiment. Le consommateur aime ça, sans broncher.

Dans cette même veine, Spotify met un accent hyper grand sur la personnalisation de ces listes de lectures (playlists). Des équipes entières sont dédiées à la curation d’artistes finement choisis selon l’endroit où Spotify s’implante. Il est donc facile pour un Québécois par exemple de retrouver des listes de lecture comme “Je me souviens”, présentant des artistes et chansons bien de chez nous. Ces équipes sont aussi dédiés à déceler les tendances émergentes, parfois de façon très localisée. Cela permet notamment de ressortir du lot les chansons les plus écoutées dans des quartiers précis (“Music for your world”). À ma grande surprise, une force complète en “PR” (public relations) et communications s’affaire à aider certains artistes à être connus. Comme le cas d’un d’entre eux présenté en conférence (dont nous n’avons pas pu savoir le nom), qui suite à une promotion de ses chansons, a su voir celles-ci passer de quasiment rien à 200 000 écoutes en quelques semaines. Spotify met donc concrètement du sien pour soutenir et aider la relève.

La version finale n’existe pas

Pour bien croître, il faut aussi savoir bien innover. Qui dit innovation dit évolution et changement. Pour l’équipe de Jamie, la plateforme est en constante évolution, en constante version BETA. Le développement de nouvelles fonctionnalités ne s’arrête jamais. Certaines sont retenues pour le long terme, d’autres non. Une des dernières innovations est la portion “Running” qui permet à l’outil de s’adapter à votre course à pied en vous faisant écouter de la musique s’alliant parfaitement avec votre cadence de course. La cadence de la musique se marie parfaitement avec celle de votre course (je ne peux m’empêcher de sentir le tout comme une réponse à Runkeeper, mais avec une belle twist musicale).

Bref, « test, learn, refine » : une boucle itérative inévitable dans le monde du numérique.

Une croissance sans faux pas?

Bien sûr que non. De par sa présentation, Jamie a su nous montrer les points positifs liés à la croissance de l’entreprise. Cette dernière semble bien intentionnée pour aider les artistes à être mieux connus. Spotify, à l’instar d’autres services de musique en ligne (ex.: iTunes, Google Music), ne se concentre que sur ce segment. Il s’agit d’une plateforme pour les aimants de musique, par les aimants de musique.

Toutefois, bien que tout semble rose, le volet de la rémunération des artistes a été évité par Jamie. On se souviendra que certains comme Taylor Swift et Tom Yorke boycottent littéralement la plateforme la jugeant trop faible pour l’artiste. Jamie s’en remet toutefois sur le fait que Spotify prône la transparence via leur page Spotify Artist, où vous pouvez retrouver tous les détails liés au fonctionnement de la plateforme pour les artistes.

Le prochain Netflix?

En terminant, une question très pertinente fût posée par l’audience : Est-ce que Spotify entrevoit créer ses propres sorties d’albums/d’artistes; devenir carrément un “label” de musique? La réponse est non, ce n’est pas dans les plans à court et moyen terme. Bien que le modèle utilisé par des Netflix et des HBO de ce monde soit intéressant, ça ne représente pas une option pour le moment.

Un succès pour le moment

Spotify possède selon moi une recette gagnante pour durer et sait présentement bien étendre ses tentacules dans de nouveaux marchés. Je vais demeurer à l’affût dans les prochaines années pour voir s’ils sont en mesure de demeurer au-dessus de la mêlée en gardant des innovations constantes à valeur ajoutée pour le consommateur. À suivre!

PS.: Question de bien se mettre dans le bain, cet article a été écrit de a à z avec Spotify 😉

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