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Simon Légaré

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Québec & San Francisco

En quoi notre capitale nationale rivalise les grands

Quand on me parle d’une ville numérique, une ville où l’effervescence de la technologie est omniprésente, j’ai instinctivement le réflexe de penser à San Francisco. Avec sa fameuse Silicon Valley au sud, San Francisco est un modèle que bien des villes tentent de répliquer. Certaines y arrivent, comme New York ou Londres par exemple. Toutefois, d’autres n’y arrivent tout simplement pas, faute des ingrédients fondamentaux qui font de la Silicon Valley ce qu’elle est aujourd’hui.

Dans cette chronique, sur une question fondamentale en lien avec notre belle capitale nationale : Est-ce que Québec est bel et bien une ville dite « numérique »? Dans cette chronique, j’ai décidé de me pencher sur une question fondamentale en lien avec notre belle capitale nationale : est-ce que Québec est bel et bien une ville dite « numérique »?

C’est vrai! Face aux géants, qu’est-ce qui fait que Québec se démarque et qu’elle est, elle aussi, une ville à l’ADN numérique?

Les caractéristiques communes

En faisant mes recherches, j’ai pu dégager certaines tendances qui se retrouvent de façon commune dans toutes les villes technos du monde. Dans le cadre de mon analyse de la situation à Québec, j’ai décidé d’explorer les trois facettes suivantes :

  • Parce qu’à la base, une ville, c’est tout d’abord l’humain qui y vit, j’ai ciblé la relève, qui en elle même représente le moteur et la continuité de toutes initiatives citoyennes.
  • Par la suite, la volonté de la société et de ses dirigeants à supporter les efforts numériques représente un facteur important de la culture techno présente dans nos villes.
  • Finalement, la popularité de l’entrepreneuriat est un enjeu définitivement influant pour propulser une ville vers de nouveaux sommets.

Avant de poursuivre, bien que je mange du numérique matin-midi-soir et que le nom du site web sur lequel vous naviguez pourrait suggérer le dénouement de ma chronique, sachez que j’ai tenté de demeurer le plus impartial possible. Le but : faire le point de façon objective sur la position de Québec face au numérique.

Relève en abondance

La capitale nationale occupe le second rang en terme de population dans la province, derrière Montréal. La majorité des jeunes adultes québécois, choisissent l’une de ces deux options pour leurs études supérieures. Tout comme moi, beaucoup d’entres eux font de Québec l’endroit où ils se posent à moyen/long terme pour acquérir les connaissances nécessaires pour exercer leur futur métier. Québec, que l’on appelle affectueusement le « gros village », constitue donc une importante pouponnière de diplômés pour la province. De tous les champs d’expertise enseignés ici, plusieurs touchent le milieu des technologies. L’organisation Québec International en fait d’ailleurs un superbe topo. On peut y lire que Québec engendre annuellement à plus d’un millier de diplômés en technologies de l’information. Pas gênant comme statistique! Cette relève débute même très tôt sa formation en technologies de l’information, comme en témoignent des programmes PROTIC, qui, pour leurs parts, sont en place depuis 1997.

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Le bassin de jeunes adultes formés à Québec représente donc une superbe relève et c’est décidément un facteur en faveur de l’aspect numérique de notre ville. Une question peut par contre se poser : est-ce que ces étudiants s’établissent à Québec après leurs études? Malheureusement, je n’ai pas trouvé de statistiques précises à ce propos. Toutefois, à en juger l’étude faite par ma collègue Karine Lesage, les entreprises numériques d’ici seraient loyales envers les candidats de Québec. Selon son étude, dans 80% des cas, ces dernières embauchent de la main-d’œuvre locale. Cela me laisse donc croire que bon nombre d’étudiants demeurent à Québec suite à leurs études.

Un appui des gouvernements et des municipalités

C’est bien beau de vouloir travailler en technologies, encore faut-il être supporté par un environnement qui les favorise. De façon macro, le gouvernement québécois actuel (Parti Libéral) a annoncé dans son récent budget des investissements de plus de 160 M$ pour une stratégie numérique d’avant‑garde. Au menu : intégration des TI dans les PME, appui aux grands projets visant la transformation numérique et finalement, Québec Branché : un soutien à l’accès numérique dans toutes les régions du Québec.  Cette annonce est une continuation à l’annonce faite en 2014 du même parti qui présentait son Plan culturel numérique du Québec.

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L’appui du palier provincial semble donc être là. Encore faudra-t-on en voir les répercussions directes sur le numérique dans la province, ainsi que dans notre belle capitale. Bien que certains demeurent sceptiques, je suis pour ma part confiant. Il s’agit d’un pas dans la bonne direction. L’innovation est nécessaire si on veut pouvoir suivre la cadence mondiale.

Plus près de nous, le secteur municipal comprend bien que la « vibe » techno présente à Québec n’est pas une tendance éphémère. Si San Francisco a son coeur techno (Silicon Valley), St-Roch, ou plutôt le Nouvo St-Roch, représente l’équivalent. Tous deux partagent la tâche d’être le lieu où fleurissent les initiatives technologiques. Plusieurs incitatifs sont d’ailleurs à la portée d’entreprises technos voulant s’implanter dans le quartier. Un de ceux-là : La Vitrine technologique. Ce mouvement a été lancé en 2011 par la ville et a pour but de tester, développer et accroître le rayonnement de nouvelles technologies. Un beau tremplin pour ces grandes entreprises en devenir.

Bref, au niveau municipal, les forces en présence semblent elles aussi trouver qu’il est payant et avantageux de mettre des efforts au niveau d’un « shift » vers le numérique.

L’entrepreneuriat

Je ne sais pas vous, mais j’ai le vif sentiment que l’entrepreneuriat n’a jamais été aussi fort à Québec et en province. Les 18-35 ans en place, qui prendront bientôt d’assaut les positions de leaders dans le Québec de demain, croient beaucoup en ce mouvement. L’idée de créer une entreprise profitable avec au coeur de l’aventure une idée révolutionnaire n’a jamais été aussi forte. J’y vois une influence directe des villes où les entrepreneurs prennent part à des rondes de financement avec des investissements tout simplement surréels (comme des licornes)!

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De façon plus locale, Québec s’est dotée d’outils contribuant à la mise au monde de nouvelles compagnies de type «start-ups». Un de ceux-là: le « coworking », ou espace de travail collaboratif, est une tendance que Québec adopte à bras ouvert, comme vous pouvez le voir dans ces quelques exemples.

Le Camp Depuis février 2015, Le Camp, un incubateur et accélérateur de«  “start-up »”, a fait son apparition dans le Nouvo St-Roch. C’est dans un espace spacieux et propice à la croissance que plusieurs entreprises en démarrage décident de prendre place. Au menu : accompagnement, activités et événements pour les entrepreneurs sur place.
Le Hub et Abri.co Dans la même veine que Le Camp, Le Hub et Abri.co  sont deux espaces collaboratifs ayant fait leurs apparitions dans les dernières années. Le but est simple: mutualiser les coûts, facilité la créativité et le partage entre entrepreneurs.

La liste est longue quand on parle d’entrepreneuriat à Québec. Voici en rafales quelques initiatives dignes de mention:

Une ère au fort potentiel

La position actuelle de la ville au niveau du numérique se résume bien avec un échange que j’ai eu plus tôt cette semaine. Pendant que je payais mon stationnement à la sortie du Web à Québec, le préposé en place m’a demandé si cet événement était intéressant. J’ai tenté de lui expliquer en deux phrases à quel point c’était un privilège d’avoir cet événement de pointe ici, à Québec. Sa réponse m’a frappé : « C’est pas comme Silicon Valley, mais pas loin! ». Hey bien voilà!

Québec est-elle numérique? Oui! À tout le moins elle possède les ingrédients de base qui la rendent particulièrement florissante dans le domaine de la techno. Bien que j’aurais pu écrire une thèse universitaire sur le sujet, il est indéniable que les initiatives, les gens et leurs visions amènent notre ville à être dans l’ère de son temps. Tout en apprenant des grands, nous savons amener notre propre saveur dans toute cette spirale techno qui fait partie plus que jamais de nos vies. Nous sommes tous acteurs dans cette mouvance et je dois vous avouer que j’ai bien hâte de voir ce qui en ressortira dans les années à venir!

Article originalement publiée sur Québec Numérique.

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